Retour

Face à l’explosion de la dette Covid, faut-il s’inquiéter ?

La crise sanitaire a simultanément conduit à une hausse inédite de l’endettement des États et à une flambée de l’épargne des ménages. Quelles conséquences en tirer pour vos placements ?

Pour lutter contre la crise sanitaire et ses conséquences économiques, les États ont été conduits à ouvrir grand les vannes de la dépense publique. Une stratégie du « quoi qu’il en coûte » qui s’est faite au prix d’une véritable explosion de leur niveau d’endettement : pour la France, il a atteint 115 % du PIB début 2021, contre 97 % fin 2019. Et l’Hexagone est loin d’être une exception : la dette publique s’établit à 129 % du PIB aux États-Unis, et même à 220 % au Japon !

 

Un endettement global maîtrisé

Pour autant, cette flambée de la dette n’est pas aussi inquiétante qu’elle en a l’air. Il s’agit tout d’abord de la nuancer. Si l’endettement des États a connu une hausse indéniable, celui des agents privés est maîtrisé, voire en contraction. Les entreprises, en particulier les plus grandes, sont ainsi assises sur une trésorerie conséquente. En France, leurs liquidités ont gonflé de 200 milliards d’euros en 2020, cinq fois plus qu’en 2019.   

De même, les particuliers tendent à se désendetter : du fait de remboursements anticipés de crédits immobiliers, l’endettement des ménages américains s’est par exemple réduit de 5,7 % au troisième trimestre 2020, selon les derniers chiffres disponibles. En parallèle, l’épargne culmine : en France, le taux d’épargne atteint 22 % du revenu disponible fin 2020, après un pic à 27 % au deuxième trimestre.

« Cette évolution est des plus logiques, souligne Christian Bito, vice-président de Swiss Life Gestion Privée. Elle traduit "l’effet d’éviction" théorisé par Keynes juste après la crise de 1929 : dans une situation de forte incertitude, entreprises et particuliers sont très frileux lorsqu’il s’agit d’investir et de consommer. Ils n’empruntent donc plus et l’État se substitue à eux sur le marché de la dette. »

Par ailleurs, l’explosion de l’endettement des États est largement contenue par l’action résolue des banques centrales, qui ont tiré les leçons des crises passées. En Europe, la Banque centrale européenne n’a pas laissé la situation se dégrader comme en 2011 au moment des déboires de la Grèce. Par des taux directeurs maintenus négatifs et des injections massives de liquidité, elle évite que la crise sanitaire et économique ne se transforme en crise systémique.

 

Des marchés actions encore attractifs

Mais cet afflux de cash soulève des difficultés lorsqu’il s’agit de placer l’épargne supplémentaire engrangée pendant les confinements. Avec un niveau de taux particulièrement bas, voire négatif, se tourner vers les obligations laisse très peu d’espoir de plus-value. Dans ce contexte, investir en actions s’avère plus porteur. C’est d’ailleurs ce que font déjà massivement les épargnants américains : sur les 900 dollars reçus par chèque lors du plan de relance de l’administration Trump en 2020, ces derniers en ont placé jusqu’à un tiers en Bourse.

Le marché des actions devrait être porté dans les semaines à venir par les résultats des entreprises. Les plus solides montrent en effet qu’elles ont plus que compensé l’impact négatif de la crise sanitaire. Au premier trimestre 2021, LVMH a, par exemple, vu ses ventes bondir de 30 % par rapport à la même période en 2020 et même progresser de 8 % si l’on compare avec le premier trimestre 2019, bien avant la crise. Et l’acquisition du joaillier Tiffany lui ouvre encore plus les portes du marché américain pour l’avenir.

 

Investir… ou donner ?

Mais les marchés seront volatils et sensibles à d’éventuels mouvements de hausse des taux, notamment si la reprise s’accompagne d’inflation. La sélectivité et la recherche de diversification sont plus que jamais cruciales pour investir en Bourse et éviter les déconvenues. « Pour naviguer dans cet environnement financier mouvant, il ne faut pas hésiter à se tourner vers des professionnels de la gestion, comme son conseiller Swiss Life Banque Privée », recommande Christian Bito.

Et à défaut d’investir l’ensemble de cette épargne excédentaire, constituée pendant les confinements, en dédier une partie à ses proches peut également être une option. Dans son plan de relance de l’économie, le gouvernement examine actuellement l’idée d’une défiscalisation supplémentaire des donations, de sorte à stimuler la consommation. Si vous souhaitez obtenir plus d’informations sur cette mesure à l’étude, les conseillers Swiss Life Banque Privée sont à votre disposition.